mardi, mai 20, 2008

Amour, haine et crème glacée (ceci n'est pas le titre du prochain roman de Raphaële Germain)

S'il est une frustration incommensurablement agréable, c'est bien celle-ci:

Confession pour confession, écrire le soir, pour moi, c'est se faire violence.
De la foutue violence, de s'atteler, après une journée devant l'écran, pour d'autres heures à se brûler la rétine, alors que je pourrais lire sur mon nouveau divan usagé encore vierge de ma présence callipyge.

Mais contrairement à l'écriture matinale, l'écriture de soirée permet des idées qui coulent comme une crème glacée au soleil oubliée sur un patio et parvient chaque fois à accoter la satisfaction d'un éternuement refoulé.

N'empêche que c'est frustrant en gérithol de n'avoir aucun contrôle sur la chose qui procure une extase similaire à d'innommables plaisirs.

Sortir du contexte

«Il y en a qui aiment ça avoir d'la canelle dans l'biscuit»
– Claudette Taillefer, Les Saisons de Claudine, 20 mai 2008

lundi, mai 19, 2008

Un après-midi dans les grandes ligues

J'en avais vus quelques-uns, des petits, rien de bien majeur, tout ce qu'il y a de plus mineur autant dans la partie que dans la restauration.

Là, je peux dire que j'en ai vu un gros. Tout un gros.

Du métro, je voyais le stade à l'horizon. Un gros stadium, avec des gradins qui grimpent et s'élèvent jusqu'à plusieurs étages plus haut. Dans le wagon, les gens s'animent. Surtout ceux avec leurs chandails et leurs gants. Je m'anime à froid, c'est mieux que rien.

Les visages se collent à la fenêtre, et cherchent une failled ans le stade qui leur permettrait d'observer le terrain, les fans, les vendeurs de «Beer beer, Miller beer». Ça y est. Un quickie visuel, un clin d'œil qui annonce tout et rien. C'est gros. C'est géant.
Et j'ai un billet.

Quelques dizaines de minutes et des détours plus tard, je parviens à passer la sécurité et la porte. Déjà, l'odeur de saucisse réchauffée, de chicken fingers pannés et de nachos fromagés se colle à mes narines, à mes cheveux, à mon chandail quoique non-officiel, mais mon habillement rappelle toutefois les couleurs de l'équipe. Un hasard éloquent.

Une fois assis, ma mâchoire s'est détâchée vers le bas, gravité et forte impression oblige. Les joueurs sont à quelques mètres. Je n'ai même pas à les regarder de haut. Ma mâchoire retombe un peu plus bas. Et le spectacle commence.

Parce que dans un vrai match de baseball –pas les matchs de camelotte vus dans mon enfance sur le terrain devant ma maison– le show n'est pas que sur le terrain. Il est dans les gradins, dans les escaliers, dans les voisins, dans les hommes qui requêtent ta place en essayant de t'intimider avec leur season pass parce que tu t'es trompée de siège parce que tu étais trop occupée à essayer de ne pas avaler de mouches tant ta bouche a encore du mal à se refermer.

Les vendeurs s'agitent près de toi. «Cracker Jack», «Beer beer, Miller beer», «Cotton Candy». Doigts Fan #1 en mousse. Même des smooties à la limonade de McCain. Ils lancent les produits, et comptent. Puis reviennent quelques minutes plus tard chercher leurs gains.

À droite, mes voisins de sièges, des habitués, résistent à la sollicitation alimentaire. Ils dégainent de sous leur manteau des sandwichs aux allures de Paris-Pâté , des arachides en écailles et des eaux fruitées et enrichies de vitamines dénichées au Club Price.

Quelques balles sortent du terrain pour se loger à quelques mètres de moi. Je reste impassible sous le choc, alors que le joli voisin de gauche tremble de plaisir. Ses yeux pétillent, bien plus que le contenu de la «Beer, beer, Miller beer». Je suis sans voix, et je ne sais où donner de la tête. J'aurais aimé apporter mon gant.

On m'a fait lever pour chanter, applaudir, crier, regarder les hommes préposés au balayage du sable entre les manches danser sur YMCA. J'ai vu, senti, entendu. Goûté.
Alors que je m'étais préparée à trouver le temps passablement long, selon l'avis d'amis connaisseurs, les trois heures ont passé comme dans du popcorn extra beurre.

J'ai dit merci, mais c'est un mot bien faible pour traduire ma pensée.

vendredi, mai 16, 2008

Le téléphone sans fil, en plusieurs étapes faciles

J'ai récemment acheté un nouveau téléphone sans fil. De retour à la maison, je l'ai sorti de la boîte, inséré les fils (ironique quand même) dans les prises. Et voilà.
«Le téléphone marche» comme disait John Hammond dans Jurassic Park.

Quelques jours plus tard, je fouille dans la boîte, à la recherche du guide d'instructions. Au cas où j'aurais oublié un étape importante. Je m'attendais à un feuillet de quelques pages. Je découvre plutôt une affiche géante, presque aussi large que le plus gros des posters des Backstreet Boys à l'époque.

C'est beaucoup d'étapes pour un téléphone aussi banal.

Les aléas de la lecture de quotidiens le matin

Tout à l'heure, je lisais La Presse en déjeunant. Du pain grillé, une tranche au Nutella et l'autre au creton de jambon.

Les pages A2-A3 étaient ouvertes et j'avais déposé mon assiette sur ces pages consacrées aux séisme en Chine, article appuyé de photos. De grosses photos. L'une avec des parents en larmes enfilant des vêtements propres à leur enfant mort qu'un homme tient dans ses bras. Plus bas, une femme couchée sur le sol pleure son mari décédé recouvert d'une couverture. À côté, des sacs d'école sont soigneusement alignés comme des écoliers dans un rang.

C'est en prenant une grosse bouchée de mon pain campagnard débordant de creton rosés que je me suis dit que c'était un paradoxe un peu inconfortable.

lundi, mai 12, 2008

Tendance

Lectures cabotines




«SEATTLE—After years of trying to deny the obvious and fit in with other downtown establishments, area bar Mad Hatters finally came out as gay this week, shocking hundreds of residents who thought they knew the Seattle tavern.

Mad Hatters owner Greg Peterson, who delivered the brave announcement to friends, family members, and regular patrons Friday night, said that admitting his bar was gay was one of the hardest things he's ever had to do.

"From the very first day we opened, I could sense there was something different about my bar," Peterson said. "At first, I thought the paisley wallpaper and infused-vodka martinis was just a phase the business was going through—that whatever was happening inside Mad Hatters would eventually pass. But it never did. That feeling never went away." [...]

"It's about time," said University of Washington sophomore Dale Stephenson. "I don't know who Mad Hatters thought it was fooling, but I'm glad the whole charade is finally over. Seriously, that place was so gay, it practically had a sign out front."

dimanche, mai 11, 2008

Même pas de «tui»

Dans cette chambre, j'ai bien essayé de trouver des bibittes, des tiques ou de m'attirer des pépins.
Mais rien.

Le pas de la porte passé, j'ai noté l'apparence sale du plancher, j'ai soufflé dans les coins pour trouver les moutons de poussière, mais rien ne s'est soulevé. Le bord du chassis était bien gris de la saleté du dehors, sauf qu'une fois mon doigt frotté, le gris est resté sur le bord de la fenêtre plutôt que sur mon doigt.

La sortie d'air de la salle de bain était poussiéreuse, ça, oui. Mais aucun insecte n'en est sorti pendant la nuit, pas une chenille, pas une coquerelle.

Et le lit?
Pas de puces, pas de punaises non plus. J'ai bien eu des rougeurs, mais c'est cette saleté de train surchauffé qui les a provoquées.

J'ai bien essayé.
Mais non. Il n'y avait rien à reprocher.

Sauf peut-être le micro-onde, inclus dans la chambre, un engin neuf, invitant à essayer. Le fil étant trop court, il était impossible de parvenir à le brancher dans la prise de courant, placée quelques centimètres plus loin.
Sauf peut-être les petits contenants de shampoing alignés sur l'étagère, à moitié utilisés, laissés là pour nous. C'est peut-être ce que l'on appelle là-bas avoir la conscience verte.

Sauf peut-être les gouttes de sang sur la céramique du plancher menant 1er au 2e étage.

Je crois que c'est ce que ça donne, lorsque l'on a de très «low expectations».

dimanche, mai 04, 2008

Voir ailleurs


Y a t-il quelque chose qui cloche dans cette chambre d'hôtel?
Selon les commentaires sur Tripadvisor, oui.

C'est ce que vous saurez dans 7 jours.

Mon ami Bob (question alimentaire)

Compost: n.m. mot angl. de l'anglo-normand compost. Engrais formé par le mélange fermenté de débris organiques avec des matières minérales. =Humus.

Et moi, je mange ÇA?

samedi, mai 03, 2008

Spam moi

Entre les visites chez le vétérinaire, les mots à écrire, les belles choses et le brouhaha des chaînes généralistes, il se passe des choses vachement essentielles dans ce bas monde.
En voici une.

«1er mai 2008 (AFP) - Le monde s’apprête à célébrer samedi les trente ans d’un phénomène qui a changé à tout jamais la face d’Internet et le contenu des boîtes aux lettres électroniques: le spam (ou pourriel.)

Pourtant, le message envoyé le 3 mai 1978 par un responsable marketing de la société informatique DEC, aujourd’hui disparue, à environ 400 personnes sur la côte ouest des Etats-Unis, ne s’appelait pas encore un spam et avait été envoyé sans mauvaise intention.
Les choses ont bien changé.
Le nom de spam (courrier électronique pourri ou pourriel en français) provient d’un sketch des Monty Python où un groupe de Vikings, dans un restaurant qui accompagne tous ses plats de viande en boîte Spam, chante en répétant le mot ad nauseam, explique Brad Templeton, auteur de recherches sur le sujet.[...]»



mardi, avril 29, 2008

Crème de face

Parfois, lorsque l'on a plus rien à perdre, on fait des choses qui ne sont pas nécessairement pertinentes et qui nous font courir à notre perte.

Le visage ravagé par la sécheresse malgré l'huile d'Olay, la roche de Posay et autres crémages, le dépit m'a fait reluquer mon beurre de karité à la noix de coco.

On s'entend que du beurre de karité à la noix de coco, c'est odorant. À l'excès.
Badigeonné sur le visage, l'onguent over stimule l'un des cinq sens. Appliqué avant de s'endormir, le reste de la nuit devient une longue série de rêves de plages, de robes hawaïennes et de coups de soleil hurlants. Je me suis réveillée en sueurs six heures plus tard, les narines irritées par l'odeur de coco.

Le beurre n'ayant pas fait ses preuves hydratantes, tout à l'heure j'ai posé les yeux sur une autre crème exotique, un mélange pharmaceutique tiré d'une recette japonaise.

La journée est a peine entamée, que ma flore nasale est désormais brisée par l'odeur de goudron émanant de la solution artisanale.

Dans quelques heures, je vous parlerai de la vaseline que je me suis appliqué en épaisse couche et qui m'a fait bourgeonner.

Pearls before swine

dimanche, avril 27, 2008

Hamburger tartare

Le hamburger dans lequel je mord est juteux. Très juteux. J'y jette un coup d'oeil. La viande est rouge.
J'interroge le cuisinier-maison:

– Tu ne trouves pas qu'il est saignant un peu le steak haché de mon hamburger? Regarde...
– Ben. Non. Chez nous, on mangeait toujours nos hamburger saignants.
– Ouin, mais. C'est pas limite ça?
–Ché pas.

Avec une telle réponse, pas la peine d'enquêter, au risque d'irriter le «maître» du BBQ. Je mange à petites bouchées la viande tartare, en regardant maladivement la viande, tout en me disant qu'au pire, si j'ai la maladie du hamburger, j'aurai quelque chose à raconter.

À mes côtés, le cook, dont le premier burger était à point entame sa deuxième moitié.

–AH! Il est pas cuit mon steak. C'est tout saignant!
Ouais, mais tu ne m'as pas dit que quand tu était petit, chez vous...

Il repousse son assiette.

Et je fais de même. Avec le tiers restant de mon souper.

vendredi, avril 25, 2008

La boîte de pauvres

Près d'un mois plus tard, les boîtes de pauvres traînaient toujours dans l'appartement. En fait, elles se sont transformées en une moyenne boîte de pauvres.
Dans l'optique de m'installer, j'ai décidé de ne plus attendre d'avoir le temps d'appeler quelqu'un qui se déplacerait seulement pour venir chercher petite boite, petite mais trop grosse pour continuer d'amasser la poussière dans mon entrée.

Habitant dans un pauvre quartier, j'ai saisi l'opportunité.
J'ai sorti ma boîte de pauvres sur le trottoir, un jour d'ordures.

Dedans, il y avait un peu de tout. Des plats de plastique, un service à thé un terre cuite, un rasoir électrique presque neuf qui traînait depuis des années, des nounours, des chandeliers, des vêtements, et encore des plats de plastique.

En rentrant chez moi, les vidangeurs n'avaient pas encore passé, alors j'ai fouillé dans ma boîte de pauvres. Le sac de linge avait été éventré. Le tigre en peluche avait trouvé preneur. Ou il avait été martyrisé près du Canadian Tire. Les cadres meublaient toujours le fond.
La boîte avait à peine été vidée.

Les pauvres ne sont finalement pas si pauvres, dans mon quartier.

mercredi, avril 23, 2008

V.I.P. Taxi. V.I.P.

Hier, avant de sortir du boulot, j'appelle un taxi.

Devant l'édifice, un véhicule se range à mes côté pour me cueillir.

– Émilie?

Ce n'était pas n'importe lequel taxi. Sur l'écriteau de la voiture sombre, on précise.
C'est un taxi V.I.P.

– V.I.P? Vraiment?
– Oui, madame, me répond le chauffeur.
– Et la différence est où? Vous me servez un jus d'orange avec pulpe?
–Ah non par contre. Les taxis V.I.P sont plus luxueux, plus propres, et les chauffeurs sont obligés de s'habiller en veston-cravate. C'est un service pour les hôtels généralement, les habitués, les gens qui connaissent le service le demandent.

Les sièges de cuir, le GPS, l'absence d'odeur de tabac, le complet beige de l'homme et le téléphone cellulaire qui n'était pas scotché à son oreille trahissait bien le genre.

Et c'est comme ça que parfois, lorsqu'on a les nerfs et tout le reste à vif, on fait des découvertes à des heures étonnantes.

Art-thérapie

Avant de l'avoir vu, on s'imagine difficilement l'effet réel de la mise en garde d'un médicament sur lequel il est inscrit: «Peut colorer urine et selles».

lundi, avril 21, 2008

Trop, c'est comme trop

Y a de ces restaurants pas trop proprets dont on dit le plus grand bien. En fait, dont des inconnus nous disent le plus grand bien.

Quelques semaines plus tôt, en me baladant dans mon quartier un soir de presque tempête de neige, je passe devant un restaurant. Une fumeuse sur le porche me vante les mérites de cet estaminet «Apportez votre vin». Pas cher, sympathique, à découvrir donc.

Pour célébrer la fin de mes cours, j'ai visité le dit endroit.
Le serveur m'accueille et à peine ais-je le temps d'observer l'état des lieux qu'il empoigne ma bouteille de vin et m'offre de choisir un table.

Beaucoup d'action en peu de temps. Je m'assois et le serveur se met à jacasser. Très fort. Il n'y a personne d'autre dans le restaurant et son besoin de communiquer avec une autre personne que son cuisinier est flagrant. Je pose une question concernant le menu et, en voulant me pointer un met, il renverse par mégarde mon verre de vin.
De vin rouge.
Sur le mur blanc sale.
Et sur ma chemise blanc propre.
Des petites gouttelettes, mais des taches quand même.
Puisque c'est ma première fois, – de renversage de liquide mauve par un serveur exubérant – je le laisse aller, voir ce qu'il va me proposer.
Un nettoyage?
Mon repas gratuit?
Une pointe de gâteau forêt noire?
Rien.
Il sort quelques essuie-tout et éponge la table rapidement. Plutôt que de dresser à nouveau la table et de faire disparaître le dégât il retourne mon napperon humide de côté.

Ta-da!

Est-ce qué vous êtés prét à commander?

On est jamais prêt à commander quand des coulisses de vin continuent à glisser sur un mur.

vendredi, avril 18, 2008

Belle et bête

Plus d'un an et demi plus tard, la féline cadette doit subir à nouveau une tonte capillaire. Son poil est si moutonneux qu'avec ses rastas, elle pourrait figurer dans le groupe Dobacaracol.

La première expérience fut une catastrophe. Une professionnelle s'est présentée à mon domicile et le toilettage s'est tenu dans ma chambre à coucher. Dès que le chat a été déposé sur la table et maintenu entre mes mains malhabiles, les cris ont retentis. Puis il m'a mordu. La dame de toilettage lui a alors mis un énorme collier à larges bord pour l'empêcher de nous blesser. Prisonnier, coincé, insoumis, le chat s'est mis à s'époumoner, cracher et propulser des jets d'urine.
Je n'aurais jamais pensé que la vessie d'un chat pouvait autant contenir de liquide.
Dévastée, j'ai laissé la dame avec l'ancien colocataire et suis partie au salon, en attendant la fin du supplice.

C'est là que j'ai compris comment mon père s'est senti, à mes 6 ans, lorsque le dentiste m'a plombé une dent sous mes hurlements si ardents qu'il devait sortir aux trois minutes dans la salle d'attente pour rassurer le paternel et les autres patients.

Cette année, je refuse de répéter l'expérience. La dame ne reviendrait de toute façon jamais. J'opte pour l'anesthésie.
Et c'est toujours un peu troublant lorsque les préposés te donnent l'information en précisant qu'ils acceptent de faire le toilettage, mais uniquement pour les chats agressifs.

Quand ton chat pèse cinq livres mouillés, qu'il te lèche le nez quand tu écoutes la télé et qu'il se couche sur ta poitrine le matin pour te réveiller en te caressant le visage de sa patte, le terme «chat agressif» prend une toute autre perspective.

Mon ami Bob et le Gros Mots, en duo

Bob:

Roué, rouée: adj. et n. 1. Supplicié de la roue. Roué de coups: Battu, rossé. 2. Personne intéressée et rusée qui ne s'embarasse d'aucun scrupule. Adj. Qui est habile et rusé, par intérêt.

Le Gros Mots:

Roué, e: adj. et n. Qui a subi le supplice de la roue. Nom donné aux compagnons de débauche du Régent: débauché., personne sans principes et sans mœurs.


Constat: Le Nouveau Petit Robert est un dictionnaire chic et de bon goût, épuré, précis, tout en conservant un certain flou. Un dico propre.

Quant au Dictionnaire Larousse complet nouvelle édition canadienne de 1928, il ne ménage pas ses mots par sa franchise typique. Il est comme un vieux marin qui n'a plus rien à cacher.

mercredi, avril 16, 2008

Être professionnellement retardée

À mon âge, d'après ce que j'ai eu vent entre les branches d'un feuillu au printemps, j'ai déjà un peu de retard sur le monde. Le vrai.
Paraît qu'après les études, faut commencer à se trouver un travail.

Un vrai travail, lire un emploi à temps plein, 5 jours/semaine, un emploi qui te fera cotiser pour tes REER, reluquer des condos, te coucher à une heure raisonnable (2h du matin étant déraisonnable), te stabiliser, penser à te reproduire, t'installer dans ton nid douillet pour ne plus avoir envie de le quitter, sauf pour aller faire l'épicerie le dimanche après-midi en même temps que le vrai monde, prendre un verre le samedi chez des amis et utiliser les transports en commun aux heures de pointe parce qu'entre ces heures-là, le métro est fermé.





Il y a pas de nouveaux programmes d'étude à l'UQAM?

mardi, avril 15, 2008

Du pain et des poussières

Extrait tiré du livre La Messe en questions, de Denise Lamarche, qui s'interroge et répond aux questions relatives aux rites de la messe:

«Pourquoi toujours du pain et du vin?
Ce qui nourrit l'être humain, c'est souvent d'abord du pain, une nourriture de base. [...] Toujours du pain? Oui, sans artifice. Sans rien pour lui donner un autre goût. Du pain comme celui qui rend les pauvres si heureux quand ils peuvent en mettre sur leur table.»

Et ça m'a fait penser à ce topo, diffusé hier à CBC tard dans la nuit. Dû à la crise alimentaire, des populations devaient s'alimenter de crêpes dont la farine, trop onéreuse, est remplacée par de la dust.

Des crêpes à la poussière, calvaire.

Ce matin, mon pain je l'ai avalé de travers.